Utilisation des aimants
(par Claude Roullet)


Avant-propos


La magnétothérapie, maintenant, tout le monde connaît !

De nombreuses publications et expérimentations cliniques, en sevices hospitaliers ou en cabinet libéral, ont démontré l'intérêt des champs magnétiques permanents dans tous les problèmes de douleur, d'inflamation ou de contracture. Le pain quotidien de la médecine du sport, en somme.

La pose des aimants est un complément aux techniques de soins classiques et déjà éprouvées. Vous utilisez le potentiel antalgique (extraordinaire par sa qualité et sa rapidité de réponse) pour valoriser, pour augmenter l'efficacité de vos propres traitements.

Pas question d'y consacrer trop de temps : son application est accessible à tout praticien, simple et rapide.

De plus, la méthode "Contraria" requiert seulement quelques aimants.

 



Méthode Contraria


Elle est basée sur la loi des contraires,
celle à laquelle se réfère notre médecine hippocratique :
"Contraria contrariis curantur".

La pose d'un aimant modifie immédiatement la symptomatologie.
La douleur ou la contracture sont les meilleures guides. D'évolution rapide, elles s'objectivent facilement et s'accompagnent souvent d'un gain d'amplitude articulaire. Ce qui n'est évidemment pas le cas de l'inflammation.


Très peu de douleurs résistent à un traitement bien conduit de magnétothérapie.
Mais l'absence de douleur, le retour à une normalisation articulaire, ne signifient pas guérison, loin s'en faut. Même les cas, heureux et relativement fréquents, d'une disparition totale de la douleur après application de quelques aimants, ne doivent être que l'amorce ou le complément de votre traitement habituel.

D'autre part, soulager une douleur peut masquer une pathologie qui risque de ressurgir ailleurs
: plus le traitement est efficace, meilleur doit être le diagnostic initial. Chaque pose d'aimants est donc suivie d'un test de mobilisation active.

Les points à traiter sont situés dans la zone de lésion. La simulation de points plus éloignés, dans la mesure où ils se révèlent efficaces, présente d'immenses avantages sur le plan réharmonisation énergétique mais risque également d'inquiéter le patient... et le thérapeute non averti de la réflexologie ou de la médecine holistique.

Les premiers aimants ne sont jamais placés "loco dolenti" mais toujours à distance du symptôme
. C'est une notion fondamentale : elle vous fait économiser beaucoup d'aimants et, surtout, implique une certaine réharmonisation énergétique, donc un traitement déjà étiologique.

Le choix des points se fait par l'examen visuel puis, éventuellement, palpatoire : les points à retenir sont toujours situés dans les dépressions anatomiques les plus marquées.
Il est bon d'en noter cinq ou six avant même de commencer à coller les aimants. Nulle compétence intellectuelle n'est requise. Seule compte l'acuité visuelle ou palpatoire ; sans oublier celle du sixième sens, le feeling.

Le choix de la polarité est dictée par l'évidence que le champ magnétique Sud n'entraîne pas la même réaction que la champ Nord. Il existe des lois qui déterminent la polarité à appliquer sur la peau pour obtenir tel ou tel effet. Certes, c'est très sécurisant pour l'esprit, mais ces lois - qui d'ailleurs souvent se contredisent - souffrent de beaucoup d'exceptions. Même les plus fidèles défenseurs s'accordent à le constater. Alors pourquoi suivre aveuglément une loi qui n'est pas constante ?

En fait, mon choix de polarité est basé sur l'évolution de la symptomatologie : si elle est améliorée, votre choix est bon ; si elle est aggravée, votre choix est mauvais. En somme, c'est le patient, l'évolution de son symptôme qui confirme ou infirme la pertinence du geste. Encore une fois, comme la réaction est immédiate et que vous ne poserez que très peu d'aimants, l'efficacité et la réussite valent bien quelques secondes ! Lors de séances ultérieures, il faut s'éloigner du symptôme étiologique qui, seul, pourra éviter les récidives.

Le matériel

LES AIMANTS

Mon expérience privilégie les aimants de petite taille et de forte puissance.

La forme : pastille de 5 mm de diamètre, 1 mm d'épaisseur.

Aimantation axiale : face Sud et face Nord.

Le matériau :
La puissance : il existe deux types d'aimants en Terre Rares.
Les pastilles en Samarium-Cobalt délivrent une énergie produit de 1500 Gauss. Celle en Néodyme-Fer-Bore : 3000 Gauss. Pour renforcer l'action d'un aimant, il est possible d'empiler 2 ou 3 aimants sur le même point. La puissance du champs se multiplie alors par 2 ou 3, mais sa forme se modifie et sa pénétration est meilleure.

Revêtement hypo-allergique : indispensable pour des traitements ambulatoires car l'aimant restera longtemps en contact direct avec la peau. Dans une certaine mesure, la teinture de bejoin diminue également les risques de réactions allergiques.

L'ADHESIF


Pendant la consultation, le changement de polarité impose souvent une manipulation de l'aimant. N'importe quel adhésif fait donc l'affaire. Mon choix est le Micropore.

Pour le traitement ambulatoire, l'aimant reste en place plusieurs jours : un adhésif hypo-allergique et résistant à l'eau s'impose alors.

Eventuellement, le Micropore peut convenir, mais la peau doit être préalablement badigeonnée de teinture de benjoin et l'adhésif, une fois posé, doit être frictionné avec un coton d'alcool ou d'éther.

Magnétothérapie
et entorse du ligament latéral externe


Bien sûr, tout traitement est précédé d'un diagnostic

TRAITEMENT PROPREMENT DIT

Description de la douleur par le patient, en mobilisation active et à la marche. Mise en évidence des amplitudes non douloureuses et du point le plus douloureux.

Avant toute palpation, examen visuel de la cheville et du pied dans sa globalité : recherche des dépressions susceptibles d'accueillir un aimant.
Ne surtout pas oublier les zones (fig. 1) : malléolaire interne (1), rétro-malléolaire externe (2), antérieur du coup de pied (3), des métatarsiens (4), de la partie inférieure du segment jambier (5).

Choisir les cinq ou six dépressions les plus marquées. Appliquer le premier aimant sur le point le plus éloigné du symptôme.

Tester en mobilisation active, à l'appui et à la marche. Ce test objective la valeur de deux choix : celui de la popularité et celui du point.

En effet, trois types de réactions peuvent s'observer.

Le patient va mieux : bon choix de point et de polarité ;

La douleur s'aggrave : mauvais choix de polarité. Inverser immédiatement la polarité : dans un nombre considérable de cas, la douleur s'améliore.

Aucune modification : il peut s'agir d'un mauvais choix de polarité (l'inverser). Sinon, c'est un mauvais choix de point. Enlever alors l'aimant. Coller deux ou trois aimants en se rapprochant du symptôme. Observer pour chacun d'eux une démarche identique de testing. Remarque : bien souvent, la douleur "se déplace". Conserver, malgré tout, le choix initial des points déterminés par l'examen visuel. Nul n'est parfait et il est des jours plus ou moins fastes : si une douleur persiste encore, n'hésitez pas à placer, mais seulement maintenant, 1 ou 2 aimants "loco dolenti".

Fin de séance "Contraria" : profitez de l'amélioration clinique - voire de la disparition pure et simple du symptôme - pour débuter votre traitement classique.

Du point de vue énergétique, tout symptôme est le reflet d'une stase de l'énergie. Sa disparition, même éphémère, signifie que la stase a été levée, que la circulation est rétablie. Sur ce terrain ainsi normalisé, votre traitement a toute chance de gagner en efficacité !

De toutes les techniques, classiques ou moins répandues, la meilleure est la vôtre. Mon approche consiste à réintégrer la cheville blessée dans l'entité énergique puis à aider le patient
à se recentrer.

Pour cela, j'utilise une technique qui associe des pressions sur
des lignes énergétiques, des étirements et des mobilisations articulaires : le Thaï Massage. Mais, encore une fois, chacun sa voie !

Un traitement d'électrothérapie, et de physiologie en général, ne doit jamais s'appliquer sur des aimants. Dans ce cas, la pose des aimants se fait en fin de séance, après votre traitement spécifique.


TRAITEMENT AMBULATOIRE

Quelques aimants (le moins possible) sont laissés en place jusqu'à la prochaine consultation : c'est la phase ambulatoire. Deux ou trois aimants seulement (dont un seulement en "loco dolenti").

Enlever quelques aimants en vérifiant que leur retrait ne provoque pas une réapparition du symptôme. Généralement, conserver ceux qui ont agit de manière spectaculaire. S'assurer de la qualité de l'adhésif (le changer, le cas échéant).

Prévenir le patient des éventuelles réactions et l'informer de la conduite à tenir : en cas de réapparrition des douleurs, il suffit de modifier la polarité d'un aimant. Toujours commencer par celui le plus éloigné du symptôme (la normalisation s'obtient en quelques secondes). Les réactions cutanées de type allergique (dues à l'aimant ou, beaucoup plus souvent, à l'adhésif) se manifestent au début par des démangeaisons : conseiller alors de retirer l'aimant.


TRAITEMENT ETIOLOGIQUE

Lors des séances ultérieures, lorsque l'amélioration est déjà manifeste, il convient de "faire tenir" le résultat acquis et de prévenir les récidives. Il me semble impératif de poser des aimants à distance du symptôme afin d'agir sur les facteurs étiologiques.

Une approche holistique est alors indispensable. Les confrères n'ayant pas bénéficié d'enseignements spécifiques trouveront des protocoles très faciles à consulter : par zones anatomiques (6), par pathologies (4).


Magnétothérapie et strapping

L'association des deux techniques est toujours très bénéfique mais impose une règle : toujours poser les aimants sur le strapping, jamais en dessous.

En effet, vous avez noté que le patient pouvait être amené à modifier la polarité des aimants en cours de traitement ambulatoire : il convient, évidemment, de lui éviter d'enlever votre strapping qui est le traitment de base.

AVANT LE STRAPPING
La démarche est identique à celle précédemment proposée :

  • Laisser les aimants en place une dizaine de minutes (le temps de préparer votre strapping, par exemple) puis retirer tous les aimants en notant les zones et les polarités.
  • Poser le strapping.
  • Coller les aimants sur le bandage. L'aimant étant plus éloigné de la peau, le champs magnétique perd de sa puissance. A défaut d'aimants de 3000 Gauss, n'hésitez pas à empiler 2 ou 3 pastilles de 1500 Gauss sur le même point.

LE STRAPPING EST DEJA EN PLACE
L'examen visuel est évidemment moins aisé et vous lui préférerez souvent la palpation, mais toujours en respectant la règle des contraires. Mieux vaut dans ce cas, poser tout de suite deux ou trois aimants dans le même point.
Par contre, pour le traitement ambulatoire, un seul point à stimuler sera suffisant. Du moins avec des pastilles en Néodyme-Fer-Bore (Fig. 2 ).


Conclusion


Sans doute plus que toute autre pathologie du sportif, l'entorse de cheville mérite une attention particulière, tant ses implications sont évidentes sur l'entité somatique, organique et psychique.

Dans nombre de cas, les champs magnétiques permanents lèveront, dans l'instant, la barrière de la douleur et pourront faire croire à l'athlète que son articulation est normalisée.


Il appartient au thérapeute, médecin ou kinésithérapeute, de l'informer qu'il n'en est rien et de l'encourager à poursuivre un traitement de réharmonisation, toujours nécessaire.